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Centre International de Recherche et de Documentation sur le Monachisme Celtique

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10 juillet 2007
Jean-Yves Le Moing

Bréviaires et évangéliaires - 07 juillet 2007

En introduction, une minute de silence a été dédiée à la mémoire de Gwénaël Le Duc, décédé le 24 décembre 2006. Après l’assemblée générale de l’association, qui regroupe actuellement une centaine de cotisants et sympathisants, Aziliz Bourgès a fait le point sur les publications en cours, dont les mélanges Gwénaël Le Duc qui sortiront en 2008 ; le cartulaire de Landévennec (ouvrage papier accompagné d’un CD-ROM) devrait sortir à Noël 2008.

Louis Lemoine, Les « lettres significatives » dans les Evangéliaires bretons

Louis Lemoine a présenté les caractères superposés aux textes des récits de la passion, avec des fonctions à l’usage des récitants (les cantor) déclamant les textes avec intonations et niveaux (teneur, quart - au-dessus, quinte - en dessous) ; les significations des lettres sont par exemple (comme dans le manuscrit de Saint-Gall) : A - altius (plus haut), C - celeriter (plus rapidement), E - equaliter, L - levare ou leniter, S - sursum, T - trahere ou tractim. On peut rencontrer aussi des groupes primitifs de deux lettres (CT, C+, …) et parfois trois lettres.

Dominique Barbet-Massin, Apertio aurium : la liturgie du baptême et l’enluminure insulaire

Dominique Barbet-Massin a expliqué quelques rituels symboliques associés aux cérémonies du baptême, comme ceux de l’« ouverture des oreilles » (apertio aurium) du vie au ixe siècle, lors de l’initiation au baptême pendant le carême : onction des yeux, des oreilles, de la bouche, qualifiée du nom grec epheta (ouvre-toi) ; la cérémonie est liée à la présentation des évangiles ; les évangélistes sont représentés par des symboles (animaux) et liés aux quatre points cardinaux ; les écrits d’Irénée et leurs symboles se retrouvent dans les évangéliaires irlandais ; perdus à Rome au ve siècle, ils ont été réintroduits en Gaule par Colomban (à Luxeuil puis à Corbie).

André-Yves Bourgès, En tournant les pages du bréviaire de Léon de 1516

André-Yves Bourgès a exploré le bréviaire de Léon (1516), ouvrage aujourd’hui incomplet et déficitaire, mais reconstitué en partie par F. Duine. Il y a des similitudes avec les bréviaires de Quimper (imprimé vers 1500), de Tréguier et de Landerneau. Moins de vingt saints bretons y figurent, avec des dates parfois différentes selon les évêchés. On constate une certaine stérilisation hagiographique en Bretagne après la guerre de succession (1364) ; mais vers 1620 Albert Le Grand a encore à sa disposition des sources liturgiques différentes, qui semblent avoir disparu au siècle suivant pour dom Lobineau : il y a eu sans doute une mise au rancart importante de manuscrits et livres imprimés, d’où leur disparition.

Armelle Le Huërou, Les avatars de la Vita Samsonis de Baudri de Dol dans les leçons de Bréviaires

Armelle Le Huërou a présenté l’écriture par l’archevêque Baudri de Dol d’une nouvelle Vita de saint Samson vers 1120. Contrairement au souhait de son auteur, cette Vita (BnF latin 3550) a très peu circulé. En 1519, le bréviaire imprimé de Dol conserve une bonne partie du texte de Baudri ; ce bréviaire est constitué de deux parties (été et hiver) aujourd’hui séparées : la partie été est à la BnF, la partie hiver à Sainte-Geneviève de Paris. Ce bréviaire réalisé probablement par Mathieu de Plédran, évêque de Dol vers 1500, fut imprimé à Paris. Il comporte un important héritage des bréviaires antérieurs.

Bernard Merdrignac, Les origines bretonnes dans les leçons de Bréviaires de la fin du Moyen Âge

Bernard Merdrignac a analysé les liens de bréviaires composés autour de 1500 avec les chroniqueurs et historiens de l’époque ; le bréviaire imprimé de Saint-Malo (1489 - aujourd’hui perdu), autre bréviaire de Saint-Malo (1517), le bréviaire imprimé à Vannes en 1589. On retrouve le cliché de l’origine irlandaise des saints bretons (malgré leur nom breton…), et le lien affirmé avec des souverains plus ou moins légendaires ou à datation douteuse : Grallon, Budoc, Conan Mériadec ; saint Gobrien, connu surtout à Rohan, est lié à la famille de ce nom. Les anciens textes sont mis à contribution, d’où l’association de la Bretagne avec les noms Letavia, Letania, Armorica.